Vivre dans une maison ancienne a beaucoup de charme, mais l’air qu’on y respire est souvent plus pollué qu’on ne le croit. Je l’ai découvert en emménageant dans ma vieille bâtisse : humidité, poussières persistantes, odeurs tenaces. Selon l’ADEME, l’air intérieur est pollué 4 à 8 fois plus que l’air extérieur, et nous passons près de 85 % de notre temps à l’intérieur. Pourtant, quelques gestes simples et des solutions naturelles permettent d’assainir durablement son intérieur, sans forcément engager de gros travaux.
Sources courantes de pollution intérieure
Dans une maison ancienne, les sources de pollution sont multiples et parfois insoupçonnées. Le mobilier, même ancien, libère des composés organiques volatils (COV), tout comme les peintures, les papiers peints ou les revêtements de sol. J’ai moi-même constaté que certaines odeurs persistaient après avoir repeint une chambre, faute d’avoir aéré suffisamment.
Les activités quotidiennes jouent aussi un rôle majeur. La cuisson génère des fumées et des vapeurs qui dégradent rapidement la qualité de l’air. Les produits d’entretien classiques, même ceux qui sentent bon, contiennent souvent des substances nocives et allergènes. Les bougies parfumées, l’encens, les sprays assainissants : tous ces masquants d’odeurs libèrent en réalité des COV, comme le confirme l’étude menée par l’Anses. Pourtant, on les utilise parfois quotidiennement sans y penser. Si vous aimez les ambiances parfumées, je vous invite à découvrir les bougies bio qui représentent une alternative plus saine.
Autre problème fréquent dans les bâtisses anciennes : l’humidité excessive. Elle favorise le développement de moisissures, la prolifération des acariens et une sensation de confinement. Condensation sur les miroirs, taches noires sur les murs, papier peint qui se décolle : autant de signes d’un taux d’humidité supérieur aux 40 à 60 % recommandés. Sécher le linge à l’intérieur, une ventilation défaillante ou des infiltrations d’eau aggravent la situation.
Enfin, les appareils à combustion mal entretenus (chaudière, poêle à bois) peuvent émettre du monoxyde de carbone, un gaz toxique potentiellement mortel. Un entretien annuel par un professionnel qualifié reste indispensable.
Gestes simples d’aération
Le premier réflexe pour assainir son intérieur, c’est l’aération régulière. J’ouvre mes fenêtres en grand chaque matin pendant 10 à 15 minutes, même en hiver. Ce geste permet d’évacuer l’humidité nocturne, les COV accumulés et le dioxyde de carbone émis par notre respiration. Une forte concentration de CO₂ signale un manque de renouvellement d’air et un air confiné.
Lors d’activités polluantes comme la cuisine ou le ménage, j’aère systématiquement. Mettre la hotte aspirante en marche ou ouvrir la fenêtre de la cuisine limite la diffusion des vapeurs grasses et des particules fines dans toute la maison. Même principe après avoir utilisé des produits d’entretien : laisser circuler l’air évacue les composants volatils vers l’extérieur.
Si vous avez des enfants, pensez à ventiler leur chambre chaque jour. Les concentrations en polluants peuvent y être élevées à cause du mobilier, des fournitures scolaires et de la densité d’occupation. D’ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, un dispositif réglementaire encadre la surveillance de la qualité de l’air dans les crèches et les écoles.
L’installation d’un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) assure un renouvellement continu de l’air. Dans une maison ancienne, une VMC simple flux suffit souvent à extraire l’air vicié et à faire circuler l’air frais. Il faut simplement vérifier que les bouches ne sont pas obstruées et que les entrées d’air restent dégagées.

Plantes et solutions naturelles
On entend souvent parler des plantes dépolluantes. J’en ai quelques-unes chez moi, mais je reste lucide : leur efficacité réelle est limitée en conditions domestiques. Elles apportent du bien-être, un peu d’humidité et de la verdure, mais elles ne remplacent pas une bonne aération. Certaines peuvent même provoquer des allergies chez les personnes sensibles.
Pour limiter les sources de pollution, j’ai adopté des produits d’entretien naturels : vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon noir. Ils nettoient efficacement sans libérer de substances toxiques. Je dose avec parcimonie et j’évite de multiplier les produits chimiques, surtout ceux contenant de l’ammoniaque ou de l’eau de javel. Privilégier des produits écolabellisés limite aussi les émissions nocives.
Côté décoration, je choisis des matériaux étiquetés A+ qui garantissent de très faibles émissions de COV. Quand j’ai repeint une pièce, j’ai laissé aérer plusieurs jours avant de l’occuper. Pour un bébé, anticiper l’aménagement de sa chambre permet d’évacuer naturellement les composés avant son arrivée.
Voici quelques réflexes que j’applique au quotidien :
- Éviter de fumer à l’intérieur, car la combustion produit du benzène et d’autres polluants.
- Réduire l’usage d’insecticides et de pesticides.
- Limiter les parfums d’intérieur et les désodorisants.
- Aspirer régulièrement canapés, matelas et sols pour chasser les acariens.
Équipements utiles sans gros travaux
Pour améliorer durablement la qualité de l’air intérieur, certains équipements ne nécessitent pas de gros chantiers. Installer une VMC simple flux représente une solution abordable et efficace. Elle assure un renouvellement continu, évacue l’humidité et limite la formation de moisissures.
Une pompe à chaleur air/air, aussi appelée climatisation réversible, peut contribuer à assainir l’air. Elle déshumidifie en cas d’excès d’humidité, fait circuler l’air pour éviter qu’il ne stagne et purifie grâce à ses filtres. Attention par contre : il faut nettoyer ces filtres régulièrement et les remplacer deux fois par an. Si vous cherchez un appareil discret, pensez à consulter les climatiseurs silencieux adaptés aux petits espaces.
Dans les maisons anciennes, remplacer les menuiseries peut s’avérer nécessaire. Un simple vitrage ou des fenêtres mal isolées favorisent la condensation, les infiltrations et perturbent le bon fonctionnement de la ventilation. Opter pour un double vitrage améliore l’étanchéité et réduit l’humidité intérieure.
Les dispositifs d’épuration de l’air (purificateurs avec filtres HEPA, charbon actif) restent une solution complémentaire. Ils ne remplacent jamais l’aération et la réduction des sources. Certains appareils peuvent même émettre de l’ozone, nocif pour la santé. Leur usage doit donc être réfléchi et intégré à une stratégie globale.
Enfin, entretenir les appareils de chauffage limite les émissions polluantes. Un poêle à granulés doit être dépoussiéré quotidiennement et les cendres aspirées. La chaudière nécessite un contrôle annuel par un professionnel. Ces gestes simples garantissent un fonctionnement optimal et un air plus sain.




